Imelda May

Biographie

« Le problème avec une artiste comme Imelda May, c’est qu’elle est tellement douée qu’il en devient presque impossible de rédiger une critique : son interprétation est tout simplement impeccable ! »    Clash Magazine

Si son nom est peut-être inconnu pour certains, Imelda May - artiste née à Dublin et ayant passé son enfance dans le quartier de The Liberties - est déjà une immense vedette pour de nombreux autres. Une artiste unique tant par sa musique (un mélange de surf music, de blues et de rockabilly qui trouverait tout à fait sa place dans un film de David Lynch) que par son style, éclairé par une mèche blonde solitaire piquée dans ses longs cheveux de jais. Son premier album intitulé Love Tattoo – enregistré et produit par son propre label – a été triple disque de platine en Irlande. Elle a partagé la scène avec U2, Eric Clapton, Jeff Beck, Van Morrison, les Scissor Sisters, Lionel Richie et, plus récemment, la grande dame du rockabilly : Wanda Jackson. Aujourd’hui, avec la sortie de son nouvel album Mayhem, elle est sur le point de devenir une immense star.

Dernière d’une fratrie de cinq enfants, Imelda est la plus sensible aux influences diverses de ses frères et soeurs plus âgés, qu’elle peut entendre en permanence à travers les murs des deux chambres de leur maison. Il y a du folk, l’incontournable musique pop des hit-parades, puis il y a Elvis. « Mon frère était fou d’Elvis et j’ai trouvé dans sa chambre une cassette avec Elvis, Eddie Cochran et Gene Vincent. J’ai trouvé cette musique fantastique. »

À 9 ans, Imelda est déjà amoureuse du rockabilly et du blues… la seule de sa classe à ne pas être folle de Wet Wet Wet. Habituée à chanter des airs de rock’n’roll depuis son plus jeune âge, ses goûts commencent à se développer et à se préciser, d’abord avec Elmore James puis avec Billie Holiday : « Lorsque j’ai entendu Billie [Holiday], j’en ai eu le souffle coupé ! »  Après une année à l’université, en art, elle abandonne, préférant chanter pour gagner sa vie. À ce moment là, son expérience professionnelle se limite à une publicité pour les poissons panés Findus, à 14 ans. « Une fille de The Liberties qui travaillait dans l’industrie de la musique m’a trouvé cette pub, où j’ai chanté ’Betcha never put your finger on a crunchier crumb !(1) Et j’ai reçu 40£(2) en échange ! » Rapidement, Imelda trouve du travail comme chanteuse pour le groupe de swing Blue Harlem et le rockeur Mike Sanchez, puis elle vit une période intéressante où elle chante dans des clubs burlesques : « Je chantais pendant que les autres filles étaient sur la scène. L’une d’elles avait l’habitude de tenir une disqueuse entre ses jambes qui produisait des gerbes d’étincelles. Un jour, une étincelle est retombée jusque dans ma gorge alors que je chantais ! »

À 16 ans, Imelda commence à chanter dans les clubs. Elle a parfois même l’honneur d’être exclue de ses propres spectacles au Bruxelles club de Dublin, n’ayant pas l’âge légal pour y entrer. « Je recevais des conseils des meilleurs musiciens de Dublin. Une fois, l’un d’eux m’a dit : « Ta voix est extra, mais tu dois la travailler pour qu’elle devienne encore plus rauque. » C’est à peu près à cette époque que, alors qu’il la conduit, en larmes, à un concert, son père lui demande si elle a le cœur brisé. « Parfait ! Maintenant tu vas pouvoir chanter du blues. » Depuis cet événement - un véritable tournant pour Imelda-, sa voix s’est développée jusqu’à donner ce ton voluptueux, riche et unique que vous pouvez entendre aujourd’hui.

Mourant d’envie de chanter en solo, elle crée son propre groupe en 2006. « On a commencé par un son un peu plus jazzy, mais ça manquait d’énergie et de rythme. » Son premier album, Love Tattoo, sort rapidement et commence à être connu. Attirant l’attention de Jools Holland en 2008, elle participe à sa tournée puis il lui demande d’apparaître dans son programme Later. Là, elle joue devant un public rassemblant à la fois Jeff beck, Elbow et Roots Manuva. Après sa prestation, Beck déclarera à Holland qu’il n’était là que pour voir Imelda… En 2009, Imelda détrône Bruce Springsteen de la première place et devient la première artiste féminine irlandaise à la tête du hit-parade des albums irlandais depuis Mary Black, presque vingt ans plus tôt. Elle remporte ensuite le prix d’Artiste féminine de l’année aux Irish Meteor Awards. Malgré le succès de son album, Imelda continue ses tournées, se produisant devant plus de 400 000 personnes dans 8 pays d’Europe et aux États-Unis, y compris, récemment, lors d’une tournée américaine avec Jamie Cullum.

Au-delà des compétences musicales exceptionnelles qui lui ont permis de s’attirer les honneurs du public, c’est son style étonnant et son look inimitable mélangeant cool attitude et excentricité des années 50 qui l’ont propulsée sur la couverture du Irish Sunday Times Style et ont encouragé Roberto Cavalli à lui demander de jouer lors de la fête privée qu’il a organisée pendant la Semaine 2009 de la mode, à Milan.

En acceptant la proposition de Jeff Beck de jouer avec lui aux Grammy Awards, Imelda s’est offert un départ prometteur pour l’année 2010, suivi, en avril, de la première partie de l’une de ses idoles, Wanda Jackson, à Londres.

Avec la sortie de son nouvel album intitulé Mayhem, Imelda continue de développer son mélange personnel et moderne de genres musicaux classiques. Cet album reflète non seulement ses compétences exceptionnelles de compositrice mais affiche également quelques influences plus éclectiques, avec le premier titre, Psycho, qui voit Imelda creuser l’esprit de la PJ Harvey des débuts, alors que le bouleversant Kentish Town Waltz évoque une Chrissie Hynde foudroyante de vérité.

Cette année, Imelda se produira à Glastonbury, T In The Park, Womad et au festival irlandais de Electronic Picnic ainsi que lors de sa tournée au Royaume-Uni, en mai et en septembre. Trois de ses chansons - y compris la légendaire Johnny Got A Boom Boom et le single (à venir) de Mayhem - figurent sur la bande son du nouveau film Wild Target avec Bill Nighy, Emily Blunt et Rupert Everett.


[1] Je te parie que tu ne mettras jamais le doigt sur un bâtonnet aussi croustillant !

[2] Soit environ 45 euros.

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